Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Carnet de voyages

Mylène et Julien


La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima

Publié le 10 Mars 2017, 03:57am

Catégories : #Japon

La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima
La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima
La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima

Notre route nous amène maintenant à Kumamoto. Une importante métropole du Kyushu connue pour son château médiéval, l’un des trois plus beaux du Japon dit-on ici. Malheureusement un tremblement de terre au mois d’avril dernier a fait vaciller la forteresse (comme vous pouvez voir sur la Photo 4). On ne peut plus y entrer mais seulement en faire le tour le temps que durerons les réparations. Le menaçant château noir trône sur plusieurs niveaux de remparts, s’élevant bien au dessus des plus hauts gratte-ciels de la ville. Bien sûr, comme à chaque fois on trouve des japonais déguisés autour du thème local, cette fois-ci certains sont en samouraï, d’autres en ninjas (photo 3). Le château est célèbre pour avoir été le théâtre de la bataille du « dernier samurai » : Takamori Saigo. Après l’abolition de la classe des samurais par l’empereur Meiji en 1872, et la mise en route de la modernisation du Japon, un groupe de guerriers de la province de Kagoshima (au sud du Kyushu, notre prochaine étape) se rassembla aux côtés de Takamori Saigo et attaqua, en 1877, le château de Kumamoto, symbole du pouvoir impérial. Après 50 jours de siège, le château en ruines, Takamori Saigo, poursuivi par les troupes impériales, se retira dans ses terres et se donna la mort par seppuku, mettant ainsi un terme à la révolte et à 700 ans d’histoire de samurais. Il est ainsi commémoré au Japon comme le dernier samurai (non, ce n’est pas Tom Cruise).

La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima

L’autre attraction incontournable de Kumamoto se nomme Kumamon. C’est un ours noir aux joues rouges, véritable mascotte de la région que l’on retrouve partout : peint sur les murs des bâtiments, sur les glaçages des pâtisseries, interviewé à la télévision, et même sur notre nouveau tapis de douche… Impossible de ne pas tomber amoureux de ce personnage souriant et très mignon, typiquement japonais. Les spécialités culinaires à Kumamoto sont le cheval et la baleine… nous restons donc sur des mets plus classiques.

La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima
La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima
La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima

Le lendemain nous prenons le bus pour Kurokawa, au milieu des paysages volcaniques du centre du Kyushu. Kurokawa est un petit village traditionnel aux petites ruelles et aux vieux bâtiments joliment conservés, réputé dans tout le Japon pour ses « onsens », ses bains japonais - c’est un peu le Riquewihr du Kyushu. Nous logeons dans un Ryokan (hôtel traditionnel japonais) qui nous remet des kimonos fleuris pour nous rendre aux bains. Une fois plongés dans les bains brulants au milieu d’un jardin japonais où quelques cerisiers arborent même timidement leurs premières fleurs, les derniers flocons de l’hiver se mettent à tomber pour rendre ce moment encore un peu plus inoubliable et magique. Le soir on nous sert un festin de cinq entrées, sept plats et deux soupes, heureusement que les portions ne sont pas grandes.

La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima

Bien reposés et détendus nous arrivons maintenant dans la très belle Kagoshima, à la pointe sud du Japon territorial. Kumamoto et Kagoshima resteront sans hésitation nos meilleurs souvenirs du Kyushu. Du port on peut admirer les quelques volcans entourant la ville et entrant en éruption chacun leur tour. Les gens sont réputés ici pour avoir le sang chaud, on en voit même plusieurs traverser au rouge, chose impensable dans le reste du pays! Certains les comparent avec les napolitains, c’est peut-être un peu exagéré…

La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima
La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima
La moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et KagoshimaLa moitié sud du Kyushu : Kumamoto et Kagoshima

Nous visitions le village de Chiran, plongé dans un paysage magnifique entre océan et volcans, forêts de pins entremêlés de bambous, rizières et champs de thé. Chiran est une ville doublement intéressante : tout d’abord la ville conserve un quartier de vieilles maisons de la période Edo (il y a 150 ans environ) qui appartenaient à des samurais (ceux la même certainement dont nous vous parlions plus haut), certaines étant d’ailleurs toujours habitées par leurs descendants. Il est permis d’en visiter quelques unes de l’extérieur, et d’admirer leurs magnifiques petits jardins, symbolisant des paysages imaginaires. 

La deuxième curiosité de Chiran est son musée pour la paix et pour les kamikazes. Construit en lieu et place de l’aérodrome principal de départ des kamikazes (appelé ici Tokko Pilots), idéalement situé tout au sud du Japon pour s’opposer à l’invasion américaine d’Okinawa en avril 1945. En tout 1036 pilotes moururent ainsi, soit volontaires, soit désignés, souvent très jeunes, entre 18 et 20 ans. Il y a des époques où il n’est pas bon d'être jeune. Autour de plusieurs avions de combats, sont exposés les drapeaux qu’ils signaient avant de s’envoler, sur les murs des centaines de portraits de jeunes garçons sont accrochés, et en dessous de leurs portraits, les adieux très émouvantes qu’ils adressaient à leurs familles, leurs épouses ou leurs enfants et écrites dans les heures avant leur dernier envol - leur ordre de mission ne leur étant donné que la veille pour le lendemain matin, ou quelques heures avant s'ils devaient partir l’après-midi même. Le volcan bordant l’aéroport était hautement symbolique comme le racontent les survivants (et oui il y en a eu), c’était le dernier paysage du monde des vivants que ces pilotes voyaient en partant.

Archives

Articles récents