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Carnet de voyages

Mylène et Julien


Les temples d'Angkor

Publié le 28 Janvier 2017, 15:05pm

Catégories : #Cambodge

Les temples d'Angkor

Nous voici enfin à Angkor, lieu que nous rêvions de visiter depuis longtemps déjà, et que les aléas de la vie nous firent manquer plusieurs fois. Nous logeons à Siem Reap, sorte de camp de base pour aller explorer les différents temples d’Angkor à grands déplacements de Tuk-Tuk. Car il n’y a pas qu’un temple mais plusieurs centaines à découvrir, certains encore bien enfouis dans la jungle, d’autres encore à découvrir… La région d’Angkor était jadis le chef-lieu de l’empire Khmer qui régnait sur le Cambodge, une partie de la Thaïlande, le Sud du Laos et les frontières du Vietnam actuel. Les différents rois construisirent tour à tour leurs propres temples, principalement entre le IXème et le XIIème siècle de notre ère, rivalisant de grandeurs et augmentant sans cesse la réputation et la splendeur d’Angkor. Reliés par un système d’irrigation très avancé pour l’époque et permettant de cultiver les champs aux environs, Angkor compta jusqu’à près d’un million d’habitants, à une époque où Paris n’en avait que cinquante mille. La pierre étant alors réservée aux dieux et aux rois, il ne reste aucune trace des habitations des simples gens qui vivaient là. Malheureusement pour Angkor, et comme à chaque fois, la folie des grandeurs des puissants, dépassa ce que la terre pouvait leur offrir, la surpopulation, la déforestation, ajoutées à plusieurs défaites militaires face au Siam, entrainèrent l’abandon progressif d’Angkor à la fin du XIVeme siècle.

Les temples d'AngkorLes temples d'AngkorLes temples d'Angkor
Les temples d'AngkorLes temples d'Angkor

Nous débutons nos explorations par Angkor Wat lui même, peut-être le plus célèbre de tous, certainement le temple le plus visité. Le temple est entouré de larges douves, on traverse une première enceinte pour entrer dans une cour carrée, de 800m de côté, où trône au milieu Angkor Wat et ses trois tours à la silhouette si célèbre. Le temple est une reproduction en miniature de l’univers hindou, les douves représentant la mer et la construction en colline d’Angkor Wat, sur trois étages distincts, représentant le Mt Meru, l’équivalent hindou de l’Olympe. Les larges douves ont évité que la jungle prenne possession des lieux pendant son abandon, comme elle a pu le faire dans d’autres temples nous le verrons, ce qui explique le très bon état de conservation d’Angkor Wat. A l’intérieur, les murs sont décorés de bas reliefs, narrant les différentes batailles gagnées par le roi fondateur, ainsi que quelques légendes hindous. On trouve également quelques représentations de Bouddha, il semble que le coeur des rois de l’époque balançait entre bouddhisme et hindouisme. Au soleil couchant, la lumière rasante fait ressortir les reflets dorés du temple maitre d’Angkor.

Les temples d'Angkor
Les temples d'AngkorLes temples d'AngkorLes temples d'Angkor
Les temples d'AngkorLes temples d'AngkorLes temples d'Angkor

Le deuxième temple que nous découvrons, le lendemain matin, dès l’ouverture pour profiter de la fraicheur du matin et surtout pour essayer d’arriver avant les cars de touristes - là réside tout l’enjeu d’une visite réussie d’Angkor - est le Bayon. Vous le connaissez forcement aussi. Comme Angkor Wat hier, le Bayon trône au milieu d’une enceinte, beaucoup plus grande cette fois-ci, de plusieurs kilomètres de côté, d’où l’on pénètre directement en Tuk-Tuk (photo 7), découvrant les visages immenses caractéristiques du Bayon. Le Bayon est orné de 216 visages, tous les mêmes, prétendument ceux du rois Jayavarmann VII, regardant vers les quarts points cardinaux et surveillant les provinces de son royaume. Les murs du temple sont encore allègrement décorés de bas reliefs, plus de 12000 figures au total, qu’on ne se lasse pas de regarder comme on plonge dans un livre. Le bestiaire est riche : tigres, crocodiles, monstres sacrés, serpents à plusieurs têtes… Les visages ont également un côté envoutant et difficile à quitter, seuls la marée humaine et les cris marquant l’arrivée des cars de chinois nous font quitter ce temple. 

Nous continuons l’exploration de l’intérieur immense de l’enceinte du Bayon, connue sous le nom d’Angkor Thom, qui referme les ruines de la résidence du roi, d’autres temples et curiosités comme la terrasse des éléphants, la statue du roi lépreux…etc. Puis rentrons à Siem Reap quand la chaleur se fait trop fatiguante.

Les temples d'AngkorLes temples d'Angkor
Les temples d'AngkorLes temples d'AngkorLes temples d'Angkor

Le troisième jour nous faisons encore l’ouverture des temples, cette fois-ci aux portes de Ta Prohm, qui restera sans conteste notre préféré. Celui-ci a été laissé par l’école française d’extrème orient (qui restaura les temples à partir des années 1920) en l’état de quasi découverte pour je cite « faire concession au goût général pour le pittoresque ». Et quelle perspicacité, les arbres emprisonnant les temples dans leurs racines, la jungle les enlaçant, le labyrinthe de couloirs à travers lesquels il faut trouver son chemin, se faufilant entre les blocs de pierres écroulés donnent à ce temple un charme incomparable. Nous passons une heure à visiter Ta Prohm à la manière d’explorateurs découvrant un lieu archéologique pour la première fois, dans la lumière douce du matin qui ravive les contrastes entre les verts de la jungle et le rosé des pierres. Puis vers 8h30 les cars de chinois arrivent, une meute de fous furieux venus se prendre en selfie devant la moindre pierre dans le vacarme des cris remplit les étroites allées du temple dont tout le charme s’évanouit en un instant. 

Les temples d'AngkorLes temples d'Angkor

Nous partons alors à une quinzaine de kilomètres plus au nord, visiter un dernier temple, un des plus ancien, celui là même que Malraux avait pillé et qui lui inspira « la voie royale ». Bantaey Srey, le temple des femmes, connu pour avoir les bas reliefs les plus délicats, on peut dire que Malraux avait bon goût. Le petit temple a été magnifiquement restauré, et les décorations sont effectivement remarquables. Malheureusement toutes les restaurations d’Angkor ne sont pas de ce gabarit, si celles faites par l’école française, les suisses ou les japonais pour ne citer qu’eux sont formidables, on ne peut malheureusement pas dire la même chose du département cambodgien, qui se contente souvent de colmater avec des blocs de ciment ou de pierre d’une couleur grise sale ne s’intégrant pas du tout dans celle des temples et qui choque même les observateurs non exercés que nous sommes. A cela s’ajoute le nombre en constante augmentation de touristes, obligeant les conservateurs à fermer de plus en plus de temples pour les protéger. Les jours d'Angkor semblent comptés.

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